Pour partager ce contenu avec un assistant IA
UniversitéThermodynamique chimique15 minLeçon 11 sur 38

Second principe — entropie

Définition statistique (Boltzmann), définition thermodynamique (Clausius), troisième principe.

Irréversibilité et spontanéité

Le premier principe établit que l'énergie est conservée — mais il n'indique pas pourquoi certaines transformations sont spontanées dans un sens et jamais dans l'autre. Une goutte d'encre se dilue dans l'eau ; elle ne se regroupe pas spontanément. L'air chaud d'une pièce ne se concentre pas dans un coin.

Le second principe répond à cette question via la notion d'entropie S.

Définition thermodynamique — Clausius

Pour une transformation réversible (quasi-statique), Clausius (1865) définit la variation d'entropie :

dS = δQ_{rev} / T

où δQ_{rev} est la chaleur infinitésimale échangée réversiblement à la température T.

Pour une transformation quelconque, l'inégalité de Clausius stipule :

dS ≥ δQ / T

Le signe = correspond à une transformation réversible ; > à une transformation irréversible. Dans un système isolé (δQ = 0) : dS ≥ 0.

"L'entropie de l'univers tend vers un maximum." — Rudolph Clausius

Définition statistique — Boltzmann

Boltzmann (1872) relie l'entropie à la probabilité thermodynamique Ω :

S = k_B ln Ω

où k_B = 1,381 × 10⁻²³ J·K⁻¹ est la constante de Boltzmann et Ω est le nombre de micro-états compatibles avec l'état macroscopique du système.

Interprétation : S mesure le désordre ou la dispersion de l'énergie à l'échelle moléculaire. Un gaz expansé a plus de micro-états qu'un gaz comprimé → entropie plus grande.

Pour N particules indiscernables réparties dans Ω micro-états, on utilise la formule de Stirling : ln N! ≈ N ln N − N.

Lien micro-états / entropie : gaz dans deux compartiments
Lien micro-états / entropie : gaz dans deux compartiments

Troisième principe — zéro absolu

Le troisième principe (Nernst, 1906) stipule :

Pour un cristal parfait à T = 0 K, S = 0.

En effet, à T = 0 K il n'existe qu'un seul micro-état possible (Ω = 1) → S = k_B ln 1 = 0.

Cela permet de définir des entropies molaires absolues standard S°(298 K) pour toutes les substances, tabulées comme les enthalpies de formation.

ΔS°_{réaction} = Σ S°(produits) − Σ S°(réactifs)

Entropie et énergie de Gibbs

Seule l'entropie totale de l'univers (système + milieu) détermine la spontanéité. Pour un système à T et P constantes, on combine premier et second principes en la fonction de Gibbs :

G = H − TS → ΔG = ΔH − TΔS

ΔHΔSSpontanéité de la réaction
+Spontanée à toute T
+Non spontanée à toute T
Spontanée si T < ΔH/ΔS
++Spontanée si T > ΔH/ΔS

ΔG < 0 : spontanée ; ΔG = 0 : équilibre ; ΔG > 0 : non spontanée.

L'entropie est la grandeur centrale de la thermodynamique moderne, avec des applications allant de la chimie physique à la théorie de l'information (Shannon, 1948 : H = −Σ p_i log p_i) et à la cosmologie.

Ressources liées