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LycéeThermochimie et cinétique10 minLeçon 20 sur 33

L'énergie d'une réaction chimique

Réactions exothermiques/endothermiques, énergie de liaison, application aux combustions et aux piles.

Réactions exothermiques et endothermiques

Toute réaction chimique implique des échanges d'énergie avec le milieu extérieur, principalement sous forme de chaleur (à pression constante). On distingue :

  • Réaction exothermique : libère de l'énergie vers le milieu (Q < 0 pour le système). La température du milieu augmente. Exemples : combustion, neutralisation acide-base, hydratation de CaO.
  • Réaction endothermique : absorbe de l'énergie du milieu (Q > 0 pour le système). La température du milieu diminue. Exemples : dissolution du NH₄NO₃, électrolyse, photosynthèse.

Le signe de l'échange thermique est une propriété intrinsèque de la réaction (à T et P données).

Énergie de liaison

Les liaisons chimiques sont maintenues par des forces électrostatiques. Rompre une liaison nécessite de l'énergie ; former une liaison libère de l'énergie. L'énergie de liaison D(A-B) est l'énergie nécessaire (en kJ·mol⁻¹) pour briser homolytiquement la liaison A-B en phase gazeuse.

Énergie de quelques liaisons : | Liaison | D (kJ·mol⁻¹) | |---|---| | H-H | 436 | | O=O | 498 | | H-O | 463 | | C-H | 412 | | C=O | 745 |

Le bilan énergétique d'une réaction s'estime par : ΔH ≈ Σ D(liaisons rompues) - Σ D(liaisons formées)

Si les liaisons rompues nécessitent plus d'énergie que celles formées → ΔH > 0 (endothermique).

Bilan énergétique en termes de liaisons — exemple de la combustion H₂
Bilan énergétique en termes de liaisons — exemple de la combustion H₂

Application à la combustion

La combustion complète d'un hydrocarbure libère une grande quantité d'énergie. Pour le méthane CH₄ : CH₄(g) + 2 O₂(g) → CO₂(g) + 2 H₂O(l) ΔH° = -890 kJ·mol⁻¹

Calcul par énergies de liaison (en phase gazeuse, valeurs approchées) : - Liaisons rompues : 4 × C-H + 2 × O=O = 4×412 + 2×498 = 2644 kJ - Liaisons formées : 2 × C=O + 4 × H-O = 2×745 + 4×463 = 3342 kJ - ΔH ≈ 2644 - 3342 = -698 kJ·mol⁻¹ (valeur approchée car les énergies de liaison sont des moyennes)

L'énergie de liaison est un outil qualitatif ; pour des valeurs précises, on utilise les enthalpies de formation standard (voir la leçon suivante).

Piles électrochimiques — énergie chimique → énergie électrique

Dans une pile, une réaction d'oxydoréduction spontanée produit de l'énergie électrique. L'anode est le siège de l'oxydation (perte d'électrons), la cathode de la réduction (gain d'électrons).

Exemple — pile Daniell : - Anode (oxydation) : Zn(s) → Zn²⁺(aq) + 2 e⁻ - Cathode (réduction) : Cu²⁺(aq) + 2 e⁻ → Cu(s) - Réaction globale : Zn(s) + Cu²⁺(aq) → Zn²⁺(aq) + Cu(s) ΔG < 0

L'énergie libérée peut être calculée à partir de la tension à vide E = E°cathode - E°anode (notions de potentiels standard d'électrode).

L'énergie électrique maximale est W_élec = n × F × E (F = 96 485 C·mol⁻¹, constante de Faraday).

Conservation de l'énergie

Le premier principe de la thermodynamique stipule que l'énergie se conserve : elle ne peut être ni créée ni détruite, seulement convertie d'une forme à une autre.

Pour un système chimique à pression constante : ΔU = Q + W (U = énergie interne, Q = chaleur, W = travail) À pression constante, le travail des forces de pression est W = -P ΔV, d'où : Q_p = ΔH = ΔU + P ΔV

Ressources liées