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H₂

Dihydrogène

IUPAC : Dihydrogen
AutreIndustriel
Également appelé :Hydrogène moléculaire

Plus petite molécule, gaz incolore et inodore. Vecteur énergétique central pour la décarbonation : produit aujourd'hui surtout par reformage du méthane (gris), demain par électrolyse de l'eau renouvelable (vert).

Représentation ball-and-stick 3D de la molécule Dihydrogène (formule H₂). Atomes constitutifs : H.
Faites défiler pour activer la 3D
Molécule diatomique homonucléaire — liaison H–H de 0.74 Å, énergie 436 kJ/mol.

Propriétés physiques

Masse molaire2.016 g/mol
État à 20 °Cgaz
Densité0.0899 mg/cm³
Fusion13.99 K (-259.16 °C)
Ébullition20.27 K (-252.88 °C)
Solubilité (H₂O)1.6 mg/L à 20 °C (très peu soluble)

Structure

Système cristallin
Mode de rendu 3DBall-and-stick

Description détaillée

Le dihydrogène est la plus simple des molécules — deux atomes d'hydrogène liés par une liaison covalente — et probablement la plus stratégique du XXIᵉ siècle. Sa centralité actuelle vient de deux usages : ~75 Mt produites annuellement comme matière première chimique (principalement pour Haber-Bosch et le raffinage du pétrole, qui consomme H₂ pour hydrocraquer les hydrocarbures lourds en essences et désulfurer les diesels), et un rôle émergent comme vecteur énergétique propre dans la décarbonation industrielle.

Production : aujourd'hui ~95 % du H₂ est dit « gris », issu du vaporeformage du méthane (CH₄ + H₂O → CO + 3 H₂ à 800 °C sur catalyseur Ni), ce qui émet ~10 kg de CO₂ par kg de H₂ produit. Le H₂ « bleu » ajoute une étape de capture-stockage du CO₂ co-produit, ramenant l'empreinte à ~1-2 kg CO₂/kg. Le H₂ « vert » est obtenu par électrolyse de l'eau (2 H₂O → 2 H₂ + O₂), avec une consommation théorique de ~40 kWh/kg H₂ — la voie de référence pour la décarbonation, à condition de l'alimenter par une électricité bas-carbone (renouvelable ou nucléaire). En 2024, sa production reste marginale (~1 Mt/an mondiale) mais croît exponentiellement : objectifs européens de 10 Mt H₂ vert d'ici 2030.

À l'échelle énergétique, H₂ a un pouvoir calorifique massique exceptionnel (120 MJ/kg, soit ~3× celui de l'essence) mais une densité volumique très faible (8 g/L à 700 bar comprimé, vs 730 g/L pour l'essence), ce qui complique son stockage embarqué. Sa pile à combustible (réaction inverse de l'électrolyse, H₂ + ½ O₂ → H₂O + électricité) atteint ~60 % de rendement contre ~25 % pour un moteur thermique, mais le rendement total chaîne « électricité → électrolyse → stockage → pile » descend à ~30 %, à comparer aux ~85 % d'une batterie lithium-ion. C'est pourquoi H₂ est aujourd'hui privilégié pour les usages où la batterie ne convient pas (sidérurgie, chimie lourde, transport longue distance) plutôt que comme rival du véhicule électrique de tourisme.

Usages et applications

  • Procédé Haber-Bosch (synthèse de l'ammoniac NH₃)
  • Raffinage pétrolier : hydrocraquage, désulfuration, hydrogénation
  • Sidérurgie décarbonée (réduction directe du minerai de fer par H₂)
  • Pile à combustible (mobilité hydrogène, stockage stationnaire)
  • Synthèse du méthanol et de carburants synthétiques

Sécurité (GHS)

GHS02 · InflammableGHS04 · Gaz sous pression
Phrases H : H220, H280

Gaz extrêmement inflammable, mélange explosif avec l'air sur une très large plage (4–75 %). Allume-feu à très basse énergie.

Éléments constitutifs

Références

PubChem CID783
CAS1333-74-0
SMILES[H][H]
Sources : PubChem CID 783 · IEA Global Hydrogen Review

Procédés liés

Procédés industriels qui mettent en jeu ce composé.