Dioxyde de carbone
Molécule linéaire, produit final de la combustion des composés carbonés et de la respiration aérobie. Principal gaz à effet de serre anthropique en concentration dans l'atmosphère.
Propriétés physiques
Structure
Description détaillée
Le dioxyde de carbone est devenu, en l'espace de deux siècles, la molécule la plus politiquement chargée de la chimie. Sa concentration atmosphérique est passée de ~280 ppm avant la révolution industrielle à plus de 420 ppm en 2024 — un niveau jamais atteint dans les 800 000 dernières années selon les carottes glaciaires. Cette accumulation, principalement due à la combustion de combustibles fossiles et à la déforestation, est le moteur principal du réchauffement climatique anthropique : CO₂ absorbe le rayonnement infrarouge sortant de la Terre dans plusieurs bandes (notamment 15 µm), réémet une partie vers le sol, et augmente l'effet de serre.
À l'échelle moléculaire, CO₂ est une molécule linéaire avec deux liaisons C=O courtes (1,16 Å). Le moment dipolaire global est nul par symétrie, mais les modes de vibration asymétriques sont infrarouge-actifs — c'est précisément ce qui fait son rôle climatique. Sous pression et basse température, il forme une « neige carbonique » (glace sèche, qui se sublime à -78,5 °C à pression atmosphérique). Au-delà de 31 °C et 73 bar, il entre en phase supercritique : les frontières liquide/gaz disparaissent et le fluide devient un excellent solvant écologique pour la décaféination du café, l'extraction de parfums et le nettoyage industriel.
Dans les écosystèmes, CO₂ joue un rôle dual : substrat de la photosynthèse végétale (CO₂ + H₂O → glucose) et produit de la respiration aérobie. Le cycle naturel du carbone échangeait ~150 Gt de CO₂ par an entre atmosphère, biosphère et océans — les ~37 Gt d'émissions anthropiques annuelles, bien que minoritaires en flux, suffisent à déséquilibrer le système parce qu'elles s'accumulent sans contrepartie naturelle rapide. Les océans absorbent environ 30 % de cet excédent, ce qui acidifie progressivement les eaux de surface (pH passé de 8,2 à 8,1 depuis 1850).
Atmosphère terrestre (~420 ppm en 2024, en augmentation), volcans, océans (sous forme dissoute et ions hydrogénocarbonate).
Usages et applications
- Boissons gazeuses et conservation alimentaire
- Extincteurs (étouffement par déplacement d'oxygène)
- Fluide supercritique pour extractions (caféine décaféinée)
- Photosynthèse (substrat de la vie autotrophe)
Sécurité (GHS)
Gaz sous pression — asphyxiant à forte concentration. Le CO₂ solide (neige carbonique) provoque des gelures au contact.
Éléments constitutifs
Références
Procédés liés
Procédés industriels qui mettent en jeu ce composé.
- ÉlectrolyseSous-produit
Procédé Hall-Héroult
Électrolyse à 950-980 °C de l'alumine dissoute dans la cryolithe fondue (Na₃AlF₆) pour produire l'aluminium métal. Procédé universel depuis 1886 — il consomme à lui seul ~3 % de l'électricité mondiale.
- Synthèse chimiqueIntermédiaire
Procédé Solvay
Synthèse du carbonate de sodium (Na₂CO₃, « soude Solvay ») à partir de saumure (NaCl) et de calcaire (CaCO₃), avec l'ammoniac comme intermédiaire recyclé en boucle. Domine la production mondiale de soude depuis 1865.